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Homélie du Saint Père le Pape François pour le Dimanche des Rameaux

H eventvendredi 2 décembre 2022

CELEBRATION DU DIMANCHE DES RAMEAUX ET DES PASSION DU SEIGNEUR

HOMELIE DU PAPE FRANÇOIS

 

Sur le Calvaire, deux mentalités s'affrontent. Dans l'Évangile, en effet, les paroles de Jésus crucifié s’opposent à celles de ceux qui le crucifient. Ceux-ci répètent le même refrain : "Sauve-toi toi-même". Les chefs le disent : « Qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » (Lc 23, 35). Les soldats le répètent : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » (v. 37). Et finalement, l'un des malfaiteurs, qui a écouté, répète l'idée : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même ! » (v. 39). Se sauver soi-même, s’occuper de soi, penser à soi ; pas aux autres, mais seulement à sa santé, à son succès, à ses intérêts ; à l'avoir, au pouvoir, au paraître. Sauve-toi toi-même : c'est le refrain de l'humanité qui a crucifié le Seigneur. Réfléchissons-y.

Mais à la mentalité du moi s'oppose la mentalité de Dieu ; le sauve-toi toi-même se heurte au Sauveur qui s'offre lui-même. Dans l'Évangile de ce jour sur le Calvaire, Jésus prend également la parole à trois reprises, comme ses adversaires (cf. vv. 34.43.46). Mais en aucun cas il ne revendique quoi que ce soit pour lui-même ; il ne se défend même pas et ne se justifie pas. Il prie le Père et fait miséricorde au bon larron. Une de ses expressions, en particulier, marque la différence avec le sauve-toi toi-même : « Père, pardonne-leur » (v. 34).

Attardons-nous sur ces mots. Quand le Seigneur les dit-il ? À un moment bien précis : lors de la crucifixion, lorsqu'il sent les clous lui percer les poignets et les pieds. Essayons d'imaginer la douleur atroce que cela a provoqué. Là, dans la douleur physique la plus aiguë de la passion, le Christ demande pardon pour ceux qui le transpercent. À cet instant, on n’aurait pour seule envie que de crier toute sa colère et sa souffrance ; au lieu de cela, Jésus dit : Père, pardonne-leur. Contrairement aux autres martyrs dont parle la Bible (cf. 2 M 7, 18-19), il ne fait pas de reproches aux bourreaux ni ne menace de punition au nom de Dieu, mais il prie pour les méchants. Fixé à la potence de l'humiliation, il augmente l'intensité du don, qui devient par-don.

 

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