Témoignage d'une étudiante de Guayaquil (Equateur)

T eventvendredi 3 avril 2020

Je tiens tout d'abord à vous remercier de m’avoir demandé cet entretien pour présenter mon parcours. Savoir que je devais faire ce discours a été un grand honneur pour moi. J'ai réfléchi à tout ce que j'avais vécu au fil des ans et, après m’être plongé dans mes souvenirs et mes prières, je suis arrivée à une conclusion. Nous sommes des bougies. Voilà ce que nous sommes ! Les gens qui nous entourent, cette école, les rassemblements, le gymkhana, tous les sacrifices et les satisfactions que nous avons eus ici, nous ont remplis de lumière.

Et si nous sommes des bougies, quel est notre objectif, sinon d'éclairer ?

Cette école nous a marquées, et surtout, nous-mêmes, nous nous sommes marqués les uns les autres, nous avons grandi ensemble et nous nous sommes aidés à grandir. Nous partons maintenant d'ici, plus éclairés que jamais.

Nous nous sentons bien ici. Cet endroit est une source de lumière pour nous depuis notre enfance, tout comme nos familles. Et si tout ce qui nous entoure brille, est-ce que nous remplissons notre objectif ? Une bougie ne remplit pas sa fonction à la lumière du jour. Lorsque nous quittons notre confort et cherchons où nous sommes appelés à briller, lorsque nous traversons l'obscurité, que nous accompagnons ceux qui ne trouvent pas le chemin, quand nous apportons la vérité ou la joie à ceux qui n'ont plus d'espoir, oui, c’est là vraiment que nous brillerons, et nous saurons alors que nous réalisons notre mission. Nous comprendrons alors que notre vie retrouve tout son sens.

Mes amis, réalisez combien vous êtes précieux dans ce monde, ne gaspillez pas ce trésor. Si la vie nous a donné cette école, ces amis qui nous ont influencés, et nous a rendus capables d'être de bons leaders... alors oui, nous pouvons dire que nous sommes un élément-clé dans la transformation de la société.

On nous a appris que s'il est vrai que les études et la préparation académique constante nous ouvrent des portes, il en va tout autrement de la bonté et de la droiture. Et c'est en les pratiquant quotidiennement que les bonnes portes s’ouvrent pour nous. On nous a aidés à comprendre que le monde n'a pas besoin de plus de science ni de connaissances, mais plutôt de bonté, de fermeté pour faire respecter ce qui est juste, en donnant leur place à chacun.

On nous a formés à être des jeunes libres, critiques, afin de ne pas être esclaves des marchands d’illusions qui ne mènent qu’à la déception et l'injustice. On nous a entraînés à ne pas tomber dans le jeu de ceux qui voient le monde comme une entreprise prometteuse de faux bonheur. On nous a aidés à connaître ce qui mène au bonheur authentique et infaillible. Et surtout, en qui le chercher.

Quand vous sentez que vous avez besoin d’aide ou que vous commencez à vous éteindre, allez voir votre famille ou vos amis, qui pourront partager votre flamme avec vous. Mais souvenez-vous toujours que la lumière de Dieu, elle, ne s'éteindra jamais. Et qu’y a-t-il de mieux de mieux que l'amour de Dieu pour nous laisser éclairer par Lui. C'est pourquoi je reprends les paroles de Sainte Mère Marie-Eugénie : Pour donner de la lumière, il faut être rempli de lumière.

Ne faites pas les choses à moitié. Risquez-vous jour après jour, pour être lumière là où c'est nécessaire. Demandez-vous à chaque instant, que ce soit à la maison, à l'université, au travail, dans la rue, où a-t ’on besoin de ma lumière ? Où est cette bougie éteinte qui demande à être rallumée ?

Je tiens à vous remercier tous d'avoir été une lumière dans ma vie, en particulier à vous, parents et professeurs. Parce que c'est l’œuvre de nous tous. Vous, et chacun d'entre nous, avez donné le meilleur de vous-même pour que ce jour puisse arriver.

Je voudrais maintenant vous poser une question : savons-nous ce que nous voulons réaliser ? Avant, nous voulions seulement réussir nos devoirs, mais maintenant, c'est à nous de décider où nous voulons aller, où nous voulons arriver et comment nous allons le faire.

Voulons-nous étudier, bien nous préparer à obtenir un très bon niveau scolaire, nous remplir de connaissances et de compétences, pour ne les utiliser que comme source inépuisable d'argent et de reconnaissance ?

Je ne pense pas. Nous voulons nous préparer à aider davantage, à être plus utiles, à tout mettre au service de notre pays, de la nature, de ceux qui ont moins, des milliers de personnes qui meurent de maladies très difficiles à contrôler. Nous préparer à faire prévaloir la justice, à avoir une voix qui puisse atteindre des millions de personnes, à réaliser de grands projets environnementaux, à sauver des vies.

Notre volonté de changer le monde sera le moteur qui nous conduira sur la voie de l'avenir. À mesure que nous comprenons que nous voulons faire partie de la solution, et non du problème, et que nous comprenons que le défi n'est pas de devenir grand, mais de rendre les autres grands, notre chemin deviendra plus clair. Si nous proposons de tout faire avec amour, cela suffira pour réussir, car tout ce qui est fait avec amour, est bien fait.

Je vous remercie. Ana Isabel Reyes

Étudiante de terminale de l’Ecole de l’Assomption de Guayaquil, Équateur