« Il est caractéristique de l'esprit de l'Assomption de laisser à chaque être sa forme particulière »
Sainte Marie Eugénie de Jésus
Lorsque nous pensons à l'été, nous l'associons souvent uniquement au repos, aux voyages ou à une pause des activités scolaires. Pourtant, du point de vue de ceux d'entre nous qui participent à la mission éducative de l'Institut Assomption de Mexico, l'été peut aussi devenir un temps profondément éducatif : un espace privilégié pour la croissance humaine, intérieure et spirituelle.
L'éducation ne s'arrête pas lorsque les portes de la salle de classe se ferment. En réalité, les apprentissages les plus significatifs se produisent souvent dans les moments de silence, dans les conversations simples, dans le contact avec la nature ou dans le temps qu'une personne consacre à se rencontrer elle-même. La spiritualité de l'Assomption nous rappelle précisément cela : éduquer ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances, mais à accompagner des processus d'intériorité et à aider à éveiller ce qu'il y a de plus profond dans le cœur humain. C'est justement un aspect que j'aime dans la pédagogie de l'Assomption : chercher « l'éveil de l'intériorité » et la formation d'habitudes qui permettent une conversion continue à l'Évangile.
Nous vivons à une époque marquée par la hâte. Nos élèves passent une grande partie de l'année entre les devoirs, les évaluations, les activités extrascolaires et les réseaux sociaux qui réclament constamment leur attention. Nous aussi, en tant qu'enseignants, nous vivons souvent prisonniers de rythmes effrénés qui laissent peu de place à la contemplation et au repos véritable. C'est pourquoi l'été peut être une occasion de retrouver quelque chose d'essentiel : apprendre à nous arrêter.
S'arrêter ne signifie pas perdre son temps. Au contraire, cela signifie ouvrir un espace pour écouter ce qui reste habituellement caché sous le bruit quotidien. L'intériorité, comprise comme la connaissance de « ce qui nous habite, nos désirs, nos sentiments et nos convictions », exige du silence et du temps. Et l'été, avec son rythme différent, offre les conditions idéales pour cela.
Je me souviens particulièrement d'une expérience pendant mes vacances d'été il y a deux ans. Après une année scolaire particulièrement intense, j'ai décidé de passer quelques jours hors de la ville, dans un lieu entouré d'arbres et de montagnes. Au début, il m'a semblé étrange de ne pas consulter constamment mes courriels ou de ne pas me préoccuper des tâches scolaires en suspens. Cependant, peu à peu, le silence a commencé à devenir un espace de rencontre. En marchant au cœur de la nature, j'ai compris quelque chose que j'essaie souvent de transmettre à mes élèves : Dieu éduque aussi dans le calme.
Ces jours-là m'ont aidé à relire ma propre année scolaire. J'ai pensé à mes élèves, à leurs quêtes, à leurs blessures, à leurs questions sur le sens de la vie et de la foi. J'ai aussi pu reconnaître mes propres fatigues et limites en tant qu'enseignant. Cette expérience m'a permis de revenir à l'école avec un regard différent : moins centré sur l'accomplissement des seuls objectifs académiques et davantage orienté vers l'accompagnement des personnes.
La relecture, si importante dans la spiritualité de l'Assomption, consiste précisément à revenir sur l'expérience vécue pour en découvrir un sens plus profond. En été, cet exercice peut acquérir une richesse particulière. Un élève qui réfléchit sur ses amitiés, une famille qui partage un temps de qualité, un enseignant qui renoue avec sa vocation ou un jeune qui trouve des moments de prière au cours d'un voyage, vivent de authentiques processus éducatifs.
De plus, l'été peut devenir une école de sensibilité humaine et spirituelle. Le contact avec la nature nous rappelle que nous faisons partie d'une création qui mérite soin et contemplation. Le Pape François a insisté sur la nécessité de retrouver une relation plus harmonieuse avec notre « maison commune ». Contempler un lever de soleil, écouter le bruit de la pluie ou marcher sans hâte peuvent sembler des expériences simples, mais elles ont une immense valeur formatrice : elles nous enseignent la gratitude, l'humilité et la capacité d'émerveillement.
Du point de vue de l'éducation dans la foi, cela est fondamental. Un élève qui apprend à contempler apprend aussi à reconnaître la présence de Dieu dans le quotidien. Et c'est peut-être là l'une des tâches les plus importantes de notre mission éducative : aider à découvrir que la vie a profondeur, sens et transcendance.
C'est pourquoi l'été ne devrait pas être compris uniquement comme un temps vide entre les cycles scolaires. Il peut être un laboratoire d'humanité, un espace pour renforcer les liens, redécouvrir la vocation personnelle et cultiver la vie intérieure. Dans une culture où prédominent souvent la distraction et la consommation immédiate, apprendre à contempler devient presque un acte contre-culturel.
En tant qu'enseignant de l'Institut Assomption de Mexico, je me sens appelé à rappeler que nous éduquons non seulement par les cours que nous donnons, mais aussi par notre manière de vivre. Lorsque nous apprenons à nous arrêter, à contempler et à relire notre expérience, nous enseignons aussi à nos élèves que le véritable apprentissage ne se produit pas uniquement dans les livres, mais au cœur de la vie.
Peut-être le plus grand cadeau éducatif de cet été sera-t-il précisément celui-ci : découvrir que, même loin de la salle de classe, nous continuons d'apprendre à être plus humains, plus conscients et plus proches de Dieu.
Carlos Enrique Castro Medina
Province de l'Équateur Mexique