local_offer Les Laïcs

Je suis le présent et non le futur

J eventmercredi 20 mai 2026

Il y a quelques jours, au retour des missions de la Semaine Sainte dans la paroisse rurale de Sinincay (Cuenca) — une expérience portée par le Colegio de la Asunción de Guayaquil, Équateur, qui a réuni un groupe diversifié de jeunes et d'adultes issus de différentes pastorales —, nous partagions en communauté une grande certitude : la mission continue lorsque l'on rentre chez soi, dans notre propre quotidien. C'est là que le défi consiste à vivre de manière consciente et cohérente, sans se laisser emporter par la hâte des "obligations" d'adulte (ce qui s'avère parfois très difficile). Dans l'agitation de mille choses, il est facile de perdre le centre et de ne pas être attentive à ce passage constant de Dieu, qui est presque toujours discret, petit et très quotidien.

Ce quotidien est souvent marqué par une invitation qui semble anodine, mais qui cache une exigence permanente : l'invitation à "vibrer haut et être toujours positifs". Cependant, lorsque l'on ne répond pas à ce standard, on risque de se sentir mis à l'écart. Il existe une crainte profonde de vivre le présent depuis la fragilité ou le déclin. Face à cela, Mère Marie Eugénie nous propose un regard qui naît de l'Évangile : vivre l'aujourd'hui depuis le Mystère de l'Incarnation. C'est une invitation à nous rencontrer avec la personne dans toutes ses nuances, en embrassant avec tendresse même ce qui ne brille pas et peut nous mettre mal à l'aise.

À travers tout ce qui a été vécu, aujourd'hui en tant que laïque de l'Assomption, j'ai découvert progressivement que ma mission n'est pas quelque chose de statique, mais un chemin qui se déplace dans différents espaces et traverse toute ma vie : depuis mon environnement de travail, mes amis et ma famille, jusqu'à ma communauté de mission partagée ; rien ne se dissocie. ÊTRE LE PRÉSENT est une décision qui naît de l'amour, des choix quotidiens et du pari pour ce Royaume qui se construit dans le quotidien.

Penser que "je suis le présent et non le futur" est l'engagement d'apporter ma petite pierre dans mon rayon d'action. Au cours des dix années où j'exerce comme agent immobilier, j'ai appris que mon travail n'est pas purement transactionnel. Mon défi est de reconnaître que derrière chaque contrat se trouve une histoire et des personnes qui l'habitent. Presque sans le vouloir, pendant quelques années, mon espace de travail s'est transformé en un lieu de mission : j'accompagne lors des neuvaines de Noël qui ont une belle dimension œcuménique. Dans ce même espace, nous nous retrouvons — personnes de différentes confessions et non-croyants — unis par un besoin de recherche de "quelque chose de plus" ; cela a été un lieu qui nous rappelle que Dieu habite dans la diversité de nos recherches.

Je ne donne pas cette réponse seule. Ma force et ma confirmation se trouvent dans mes sœurs de la communauté Voces Asunción. J'y ai découvert que c'est dans la vie communautaire que l'on se fait et se refait constamment. Vivre le présent, c'est aussi être disponible pour là où l'on nous appelle et pour ceux qui nous appellent.

La joie de vivre l'aujourd'hui n'est pas quelque chose d'éthéré ; c'est une joie profonde qui naît du service et de la rencontre. C'est une joie de Résurrection qui sait que la vie nouvelle passe aussi par la croix et par nos fragilités. Vivre le présent, c'est accepter que tout n'est pas esthétiquement parfait, mais que dans notre propre humanité, nous pouvons toujours décider de donner un peu plus d'amour. Comme nous l'a dit notre provinciale, lorsque nous avons pris la croix du Camino de Vida : "le chemin ne fait que commencer".

 

Alexandra Jurado Alarcón

Province d'Équateur, Mexique