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La vie nouvelle qui naît : maternité et joie pascale

L eventmardi 21 avril 2026

Par Albania Cadena — Guayaquil, Équateur

Pour aller plus loin, il faut accepter certains sacrifices

Il y a peu, j’ai entendu Christina Koch, spécialiste de la mission Artemis II, dire quelque chose qui m’a profondément marquée : « Nous ne pouvons pas explorer plus en profondeur à moins de faire certaines choses inconfortables, à moins d’assumer certains sacrifices. » Elle parlait de la Lune. J’ai immédiatement pensé à la maternité — ce voyage vers l’inconnu où la seule boussole fiable s’appelle amour.

Quand l’amour se mesure en nuits sans sommeil

Je ne veux pas idéaliser. La maternité est chaotique, épuisante et imprévisible. C’est Santi qui pleure dans son siège auto pendant que je conduis, ce sont de nombreux réveils nocturnes, c’est un corps qui donne sans cesse et qui doit aussi guérir. Et pourtant, c’est précisément dans ce chaos que j’ai trouvé une manière très concrète de vivre la Résurrection : le sacrifice n’est pas résignation, c’est une offrande active, une action de grâce pour les vies que Dieu a mises entre mes mains. Le même geste que je fais en classe — donner, soutenir, accompagner.

Après avoir donné la vie, Dieu se ressent différemment

Personne ne m’avait prévenue que la maternité transformerait ma foi de cette manière. Que je deviendrais plus sensible — oui, j’avoue que désormais les nouvelles me touchent profondément d’une manière inconnue auparavant. Que je deviendrais plus vulnérable, plus capable de ressentir la douleur des autres ; et que cette vulnérabilité est précisément ce dont le monde a besoin. À la Vierge, je ne demande plus peu : chaque matin, je lui demande au minimum un kilo de patience. Et elle, qui a su ce que signifie aimer sans conditions, semble me comprendre parfaitement. Être mère m’a appris davantage sur l’Évangile que de nombreuses années d’étude.

Cette même ouverture a grandi dans ma vocation éducative. Mes élèves perçoivent plus de proximité, d’empathie, d’humanité dans ma manière d’enseigner. Car éduquer et élever sont, au fond, une même manière d’aimer.

Ma plus grande leçon : les former à partir de ce qu’ils sont

Siamcito a huit ans et il est tout ce que je ne suis pas : grimpeur, karatéka, surfeur — libre comme le vent. Santi est arrivé au monde avec une énergie propre et indomptable. Tous deux sont des âmes radicalement libres — et ils m’ont donné la plus grande leçon : mes enfants ne sont pas des projets à modeler, mais des personnes à accompagner à partir de ce qu’ils sont déjà.

C’est exactement ce que m’ont appris les Religieuses de l’Assomption : elles m’ont formée à partir de ce que j’étais, elles m’ont accompagnée, accueillie. Et ce geste est celui que je m’efforce de répéter chaque jour à la maison et en classe. Éduquer est une forme de maternité spirituelle.

Sur ce chemin, je ne suis pas seule. Il y a Siam, mon époux — mon Saint Joseph. Père présent, l’homme qui soutient notre foyer dans une discrétion aimante que seuls les grands savent habiter.

Être maman est mon plus beau titre

Être maman est le plus beau titre que Dieu m’ait donné — le plus exigeant et le plus formateur. La perfection n’est pas le but. La plénitude l’est. En cette Pâque, la vie nouvelle est venue avec chaque matin chaotique, chaque nuit sans sommeil, chaque moment où j’ai choisi de me donner.