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De la volonté à l’étreinte : Vivre Pâques comme une joie née de la rencontre.

D eventmercredi 15 avril 2026

Joyeuses Pâques de la Résurrection ! Quelle meilleure manière d’expérimenter le triomphe de la vie que de le vivre avec l’autre ? En marchant accompagnés, nous avons la force de l’union et la joie de vivre une spiritualité sensorielle.

Dieu ne se cache pas dans l’abstrait ; il se manifeste dans le tangible : dans la chaleur d’une étreinte qui soutient, dans la générosité de l’écoute qui guérit et dans notre lien avec la nature, qui nous montre que tout renaît. Comme l’a rappelé le Pape Léon XIV dans son homélie pascale d’avril 2026 : « Aujourd’hui, toute la création resplendit d’une lumière nouvelle… Le Christ est ressuscité, et avec Lui, nous ressuscitons à une vie nouvelle où la rencontre avec le frère est le véritable banquet. »

Pour incarner ce banquet, nous avons parfois besoin de témoins qui nous montrent, par des actions politiques et spirituelles, comment briser les barrières et défendre la dignité humaine. Tel est l’héritage de l’archevêque Desmond Tutu, qui nous invite à passer de la haine qui tue à la joie qui ressuscite, en nous rappelant que nous avons toujours le pouvoir de choisir. Il disait : « La joie est bien plus grande que le bonheur. Le bonheur dépend souvent des circonstances extérieures, mais la joie est un état intérieur. » Ce n’est qu’à partir de cet état intérieur que nous pouvons transformer notre environnement.

Contempler Pâques exige de la traduire en une praxis quotidienne qui fasse de la dimension spirituelle — la rencontre avec le frère — et de la dimension psychologique — le choix de la joie — un style de vie cohérent. Pour vivre cette joie née de la discipline de l’âme et du corps, je partage avec toi, dans mon regard de psychologue, quatre activateurs de volonté :

  1. Le retour à l’identité et à la vie : Reconnaître qui nous sommes réellement en nous dépouillant de la peur. ● Activateurs : Si aujourd’hui tu te réveillais avec la certitude absolue que toute douleur appartient au passé, quelle serait la première sensation physique que tu voudrais expérimenter ? À quel moment exact de la journée sens-tu que « la vie bat fort en toi » et que fais-tu alors ?
  2. Les lieux sûrs : Habiter des espaces de paix qui nous permettent d’être authentiques devant Dieu et devant les autres. ● Activateurs : Décris ce lieu physique où tu n’as besoin de rien feindre. Est-ce une forêt, un coin de ta maison ou le bord de la mer ? Comment vois-tu la lumière de Dieu dans cet endroit ? Si tu pouvais enfermer la paix dans un objet ou dans un parfum, lequel serait-ce ?
  3. Le banquet de la compagnie : Transformer la convivialité et la table partagée en un sacrement de fraternité. ● Activateurs : Pâques se célèbre souvent autour d’un repas. Si tu devais imaginer « le dîner de la joie », quel plat ne pourrait manquer et pourquoi cette saveur te relie-t-elle à la plénitude ? Qui sont ces personnes dont la seule présence rend le monde plus sûr ? Que vois-tu dans leurs yeux lorsqu’elles rient ?
  4. La transcendance dans l’ordinaire : Éduquer le regard à découvrir le sacré dans les détails les plus simples du quotidien. ● Activateurs : Comment trouves-tu la présence divine dans des gestes aussi simples que respirer profondément ou célébrer l’anniversaire d’un ami ? Quelle certitude sensorielle décides-tu d’inscrire aujourd’hui dans ton corps pour que ta volonté soutienne désormais une révolution constante de joie ?

Comme le disait Mère Marie Eugénie de Jésus : « Notre regard doit toujours être tourné vers Dieu, mais notre action doit toujours être tournée vers les hommes. La véritable joie naît de cet équilibre : être une présence transformatrice dans le monde parce que nous portons le ciel en nous. » Dans cette perspective, le banquet de l’existence prend tout son sens lorsque nous choisissons de vivre en plénitude, de savourer la présence des autres et de faire de chaque lieu un espace habitable pour une révolution née de la gratitude. Car la vie est une rencontre qui ne trouve sa plénitude que dans cette compagnie parfaite : avec soi-même, avec l’autre et, surtout, avec Dieu. Que ces Pâques ne soient pas un souvenir lointain, mais le commencement d’une vie où chaque sensation nous murmure que, par-dessus tout, nous sommes nés pour la joie.

Marlé Uribe Ortiz Psychopédagogue de l’Institut Assomption de Querétaro

(1) Si tu souhaites approfondir cette philosophie, cherche la rencontre entre Tutu et le Dalaï-Lama à Dharamsala (2025), qui a donné naissance à Le Livre de la joie.