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La prière, chemin pour grandir en liberté intérieure

L eventmardi 21 avril 2026

Pour commencer, c’est une grâce de faire une pause et de nous préparer à vivre la fête de Pâques. Pour cela, nous devons être conscients que le Carême est un chemin de conversion, et il nous invite à être artisans d’une communion avec justice, créant des espaces de rencontre personnels, avec Dieu et communautaires. Dans le contexte actuel, cela constitue un défi, mais aussi une opportunité de nous laisser toucher par la présence miséricordieuse de Dieu, qui embrasse et illumine les ombres qui obscurcissent la lumière habitant notre intérieur. Cela nous permet également de découvrir sa volonté dans notre propre désert, à travers des gestes aimables et discrets, cultivant ainsi des liens de fraternité comme signe d’espérance et de préparation à vivre la Pâque de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Notre vie est marquée par des rêves, désirs, joies, peines et préoccupations. Cela fait partie de l’existence humaine et nous devons y prêter attention, car plusieurs de ces situations nous privent de sérénité au quotidien. Nous devons également préserver l’harmonie qui restaure notre relation avec Dieu, car elle devient une source si nous lui laissons de la place. En effet, la pratique de la prière purifie notre regard et permet de voir la bonté dans le travail avec les autres, en étant témoins du royaume qui habite en chacun, confirmant que la prière édifie les relations interpersonnelles et devient un chemin de réconciliation cultivant une paix juste, soutenue par la simplicité et la tolérance, des dons nécessaires dans un monde rempli de violence. (cf. Jacques 3, 18) « Ceux qui travaillent pour la paix sèment dans la paix et récoltent des fruits dans tout le bien ».

Pour Mère Ma. Eugénie, la vie intérieure se rapporte au principe fondamental de l’humilité. Personnellement, je la relie à l’écoute, cette capacité d’une âme centrée sur Dieu d’entrer dans sa propre solitude et de faire une pause pour apaiser les bruits intérieurs qui détériorent la relation entre Dieu et l’homme. De même, découvrir et accueillir la paix dans un monde marqué par l’indifférence, la vengeance, la haine et les médias n’est pas facile; cela demande une décision courageuse, car dans une culture du bruit et de la précipitation, il est difficile de découvrir la paix intérieure. Je souhaite donc réfléchir davantage sur les mots prière et jeûne, deux termes qui semblent à première vue avoir peu de place dans la réalité actuelle. Cependant, prenons quelques minutes pour savourer ces mots, qui, lorsqu’on y prête attention, offrent une force inestimable.

Ainsi, la prière est étroitement liée au silence, car elle permet d’ouvrir le cœur et de vivre la rencontre avec Dieu, en scrutant les Saintes Écritures et en reconnaissant cette présence salvatrice comme le seul bien, source de bontés, dons, intelligence, disponibilité, joie et générosité. Nous sommes simplement des administrateurs (cf. Lc 17, 10) « Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions ». Tout ce que nous vivons doit servir à glorifier Dieu pour le bien reçu, et non à nous vanter.

Avec notre humanité blessée, découvrons le vrai sens du jeûne; mettons-nous debout et allons au désert, laissons Notre Seigneur Jésus être la lumière et guérir nos blessures face aux contrariétés qui obstruent le chemin, tout en travaillant pour un monde transformé. Le jeûne consiste à vivre pour lui, par lui et avec lui, en accomplissant des actions concrètes en faveur des exclus de notre société. (Is 58, 6-7) « Ne savez-vous pas quel jeûne m’agrée ? Briser les chaînes injustes, desserrer les liens de l’oppression, libérer les opprimés et rompre tout joug ». Le silence nous aide à réveiller ce qui dort en nous et à reconnaître que parfois nos paroles sont inutiles et vides de sens, car se lamenter engendre fatigue corporelle et vieillissement spirituel, produisant une vie triste, préoccupée et égoïste. Vivre la prière nous rappelle les droits de Dieu, qui accompagne notre histoire humaine malgré notre fragilité.

Enfin, Marie Eugénie s’est laissée attirer par la bonté de Jésus-Christ, qui lui a permis de plonger continuellement au plus profond de son être et de reconnaître la vérité qu’était Dieu lui-même. De même, plusieurs de nos sœurs ont expérimenté le jeûne en accueillant la solitude comme chemin de rencontre avec l’amour, à qui nous avons consacré notre existence. Prions pour que Dieu nous accorde la grâce de vivre ce Carême dans le mystère de l’incarnation, signe d’espérance pour un monde secoué par le consumérisme, afin que notre vie consacrée soit un baume pour les cœurs fatigués et que la joie d’accueillir l’autre comme enfant de Dieu manifeste cette liberté intérieure offerte uniquement par Jésus-Christ.

 

Claudia Marilú

Province d’Amérique Centrale et Cuba

 

 

 

 

 

Sources: