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Le grain meurt et le champ reverdit : le Christ est ressuscité !

L eventmercredi 15 avril 2026

Le grain de blé est tombé en terre, il est mort et il est en train de germer. Les champs verdissent dans cette partie du monde. Nous laissons derrière nous un hiver rigoureux. Dans les montagnes, la neige demeure encore et poursuit lentement sa fonte. Les amandiers sont en fleurs. Les arbres fruitiers ont été taillés pour porter du fruit. La terre s’éveille à la vie. La nature se revêt du printemps. Une fête pour les sens et pour la contemplation !

Que se passe-t-il dans le monde ? Des guerres récentes et d’autres qui se prolongent dans le temps. Morts, déplacés, destruction, crise énergétique, inquiétude pour l’économie mondiale et familiale. Des pays s’effondrent. Que m’arrive-t-il lorsque j’écoute la réalité du monde ? Parfois la tristesse m’envahit ; parfois les questions surgissent ; d’autres fois je regarde l’Histoire et je ressens le désir de prier, de faire confiance au Dieu créateur du monde afin que nous y vivions et en prenions soin. Et la vie s’écoule entre la contemplation de la création et la préoccupation pour l’humanité blessée. Mais nous sommes en Pâques.

L’écrivain anglais Chesterton, dans son livre The Everlasting Man, a écrit cette remarquable citation sur la Résurrection du Christ : « Le troisième jour, les amis du Christ, venus à l’aube au lieu, trouvèrent le tombeau vide et la pierre roulée. De diverses manières, ils comprirent la nouvelle merveille ; mais ils comprirent à peine que le monde était mort cette nuit-là. Ce qu’ils voyaient était le premier jour de la nouvelle création, avec un ciel nouveau et une terre nouvelle ; et l’apparence d’un Dieu jardinier marcha de nouveau dans le jardin, non dans la fraîcheur de la nuit mais dans celle de l’aube. »

Ces jours-ci, nous chantons ou récitons dans nos célébrations l’ancien hymne pascal écrit en 1048, Victimae Paschali Laudes. L’hymne place devant nos yeux une image puissante : « la vie et la mort s’affrontèrent en un combat unique ». Ce n’est pas une métaphore vide. Jésus entre dans le combat afin que toi et moi puissions croire qu’il s’est livré pour toi et pour moi. Le mot grec anástasis, issu du verbe anístēmi, signifie « relever », « ressusciter ». Ainsi, la résurrection n’est pas un événement statique. Le Christ triomphe. C’est le moment où le « Maître de la vie » se relève et vainc le dernier ennemi, la mort, en la dépouillant de son pouvoir d’inspirer la peur.

Oui, le troisième jour, l’une des amies du Christ, première témoin et apôtre des apôtres, nous laisse dans cet hymne un beau dialogue. « Qu’as-tu vu en chemin, Marie, au matin ? » Sa réponse est personnelle : « Il est vraiment ressuscité, mon amour et mon espérance ». Aujourd’hui, lorsque nous regardons le monde, répétons avec l’espérance de nous savoir créatures aimées jusqu’au bout : Jésus est ressuscité, mon amour et mon espérance. Que, dans l’aujourd’hui de notre temps et de notre Histoire, nous apprenions des chrétiens de l’Église primitive que la résurrection de Jésus-Christ renouvelle aussi la création. C’est pourquoi nous ne cessons d’élever notre prière d’intercession pour l’humanité, tant aimée du Seigneur, vainqueur des liens de la mort.

« Nous savons que le Christ est vraiment ressuscité d’entre les morts : Toi, Roi victorieux, prends pitié de nous. Amen. Alléluia. » (Victimae Paschali Laudes)

Joyeuses Pâques de Résurrection !

 

Ana Alonso, ra

Communauté de Ponferrada

Province d'Espagne