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Mes chers Enfants, comment attendez-vous ?

M eventmercredi 28 janvier 2026

« Mes chères Filles, commençons le temps de l’Avent. Toute la littérature romaine est imprégnée d’appels, de désirs tournés vers le Messie, et de l’aspiration à sa venue. Ce temps n’est-il qu’une commémoration, le souvenir de cette longue attente de quatre mille ans durant laquelle patriarches et prophètes appelaient, avec des désirs ardents, Celui qui devait donner au monde une loi parfaite, une loi d’amour ? Oui, mais pas seulement. Lorsque l’Église met sur nos lèvres ces appels à Jésus-Christ, ce n’est pas uniquement pour nous rappeler les clameurs des temps anciens, mais surtout pour nous stimuler à désirer l’avènement du Christ en nous. »

Que faisons-nous lorsque nous attendons ? Nous savons tous qu’il n’est pas pareil d’attendre quelque chose — un colis — que d’attendre quelqu’un : une visite, un ami, un frère, un enfant. Parfois, nous profitons de ce temps pour nous mettre à jour : appeler un malade, lire un livre ou une nouvelle, parcourir les réseaux sociaux, répondre aux courriels ou écouter de la musique. D’autres fois, nous nous asseyons simplement pour contempler. Certains prient la prière du pèlerin russe, d’autres murmurent intérieurement une antienne ; d’autres encore font glisser entre leurs doigts, en priant, les grains du chapelet.

Le temps de l’Avent peut être, encore une fois, une occasion de prendre conscience que Celui que nous attendons est le Fils de Dieu. Et il est vrai, comme nous le rappelle sainte Marie-Eugénie, que le Messie a été magnifiquement annoncé par ces grands « publicistes » et créateurs de contenu messianique que sont les prophètes, en particulier Isaïe. Et Jean-Baptiste ? Il est l’humble témoin qui désigne toujours un Autre, celui qui accepte son rôle dans l’Histoire sans crainte, assuré d’être le précurseur d’une lumière et d’un chemin plus grands que lui-même. Un témoin qui ne craint pas de se reconnaître inférieur, car Celui pour qui il prépare la route est le même que celui qu’Élisabeth reconnut, alors qu’il était encore dans le sein de Marie.

Le Fils de Dieu, le Messie attendu, la promesse de salut, prend chair dans le sein de Marie. Son « oui » a ouvert pour nous une attente remplie d’une espérance qui ne déçoit pas. Le oui de Marie ouvre des futurs, un futur incarné dans un enfant nommé Emmanuel : Dieu-avec-nous. Nous avons quatre semaines pour savourer intérieurement le sens de Maranatha : « Viens, Seigneur Jésus ! Viens, nous t’attendons ! »

Quatre semaines pour nous préparer ! La couleur violette de l’attente, adoucie par le rose du dimanche de Gaudete ; la lumière qui croît dans les couronnes de l’Avent jusqu’à ce que la vraie Lumière vienne établir sa demeure dans notre cœur et illuminer tout homme de bonne volonté. Nous avons le temps de prier, sachant que l’espérance que nous cherchons est une espérance tournée vers le ciel sans se détacher de l’histoire, une histoire tissée de couleurs, de douleurs et de joies uniques pour chaque enfant de Dieu.

T’es-tu déjà arrêté pour réfléchir à la quantité de symboles, de personnages, de lectures et de musiques qui nous aident à attendre, préparant le chemin pour Jésus, Messie et Sauveur ? Celui que nous attendons doit être bien spécial, car tout est soigneusement préparé !

Peut-être penses-tu faire partie de ceux qui laissent tout pour la dernière minute. Ce n’est pas grave ! Pour cette dernière semaine, la tradition de l’Église nous offre les magnifiques « antiennes Ô », ainsi nommées parce qu’elles commencent par l’exclamation Ô. Chaque jour, à l’antienne du Magnificat aux Vêpres ou au verset de l’Alléluia, nous invoquons le Christ sous un nom différent : Sapientia, Adonai, Radix Jesse, Clavis David, Oriens, Rex Gentium, Emmanuel. Les initiales de ces titres, lues à l’envers, forment un acrostiche : ERO CRAS (« je serai demain », « je viendrai demain »).

En utilisant ce chapitre de Marie-Eugénie, je voudrais m’arrêter sur l’affection fraternelle que continue de transmettre, tant d’années après, la manière dont elle s’adressait aux premières sœurs et à nous qui, aujourd’hui, comme Asunción Juntos, lisons ses écrits. Nous sommes des enfants. Des enfants aimés. De qui ? Chacun peut penser aux parents qui nous ont donné la vie, à des parents spirituels, et à la paternité de Dieu. Peut-être aujourd’hui Marie-Eugénie nous dirait-elle : « Mes chers enfants, soyez attentifs, faites effort dans votre temps d’attente. Le Seigneur vient ! Il est le Fils de Dieu qui s’incarne pour nous donner la vie. Il est Dieu-avec-nous ! »

 

Ana Alonso, ra

Province d'Espagne