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Préparer notre « Prime »

P eventmardi 21 avril 2026

La réalité, tissée d’événements douloureux, et la créativité humaine mobilisée pour conquérir nos désirs m’ont servi d’inspiration pour découvrir de nouveaux reflets du mot générosité en ce temps de Carême.

Le 18 janvier a eu lieu à Adamuz, à Cordoue (province du sud de l’Espagne), un accident ferroviaire dans lequel 46 personnes ont perdu la vie. Nous avons vu des scènes de douleur, d’impuissance et de questions sans réponse. Nous avons été consolés par la foi de nombreuses familles qui, au cœur de la souffrance, se sentaient accompagnées par le réconfort de leurs proches au visage de samaritains. Elles trouvaient la consolation parce qu’elles savent que la mort de leurs êtres chers n’est pas la fin. Reste le témoignage d’un fils ayant perdu sa mère : « La prière ne nous enlève pas la croix, mais elle nous donne la force de la porter. »

Julio est un jeune de 16 ans qui fut parmi les premiers habitants du village à arriver pour secourir les blessés. En entendant ses paroles — « je ressentais seulement le besoin d’aider, de secourir » — nous comprenons la grandeur de ce geste. Cet événement douloureux, marqué par la mort et l’espérance de la Résurrection, a été une réalité profondément bouleversante.

La publicité cherche à séduire nos sens, mais certaines annonces sont une véritable création artistique. Elles s’appuient sur un récit, une histoire que nous pouvons observer et contempler comme spectateurs, mais qui ne nous laisse pas indifférents. Elles nous touchent intérieurement. Une compagnie d’assurance, sous le titre Une vie avec toi, a lancé un spot racontant une histoire d’amitié et rappelant une vérité puissante : rien n’est plus humain qu’aider et être aidé.

Adamuz, Julio et le message selon lequel rien n’est plus humain qu’aider et être aidé m’ont permis de me rappeler, en présence de Dieu, que le Fils de Dieu monte à Jérusalem pour donner sa vie pour chacun de nous. À mes côtés, je contemple et j’expérimente des récits d’aide et d’entraide, d’empathie et de foi, qui actualisent en moi le mot générosité en ce temps de Carême. Nous ne nous souvenons que de ce que nous donnons et recevons.

La générosité durant le Carême peut se concrétiser par le jeûne, la prière et l’aumône, car une définition simple et puissante de cette vertu est « sortir de soi-même ». En définitive, sortir de soi, cesser d’être replié sur soi pour devenir enthousiaste, tourné vers l’autre avec Dieu au cœur. Ton jeûne, ta prière et ton aumône sont-ils généreux ? La générosité est la vertu qui, portée à son plus haut niveau, conduit au don de soi. Ces 40 jours me permettent de contempler l’Amour jusqu’au bout, donnant sa vie pour nous donner la vie. La vie de Jésus de Nazareth nous montre que la charité et la générosité sont inséparables. Pour nous, ces deux vertus sont le lien qui nous identifie au Christ.

Les psaumes ! De nouveau, sur le chemin du Carême, ces poésies devenues prière et tissées du quotidien nous accompagnent. Dans la tradition chrétienne existent les sept psaumes pénitentiels, une collection particulière exprimant un profond repentir et une supplication devant Dieu : les Psaumes 6, 32 (31), 38 (37), 51 (50), 102 (101), 130 (129) et 143 (142). Dans chacun d’eux, le psalmiste confesse sa faute devant le Seigneur et reconnaît son besoin du pardon de Dieu. Dieu ne nous donne pas seulement ce dont nous avons besoin — le pardon et la miséricorde — mais Il se donne Lui-même comme acte suprême d’amour.

Dans les couloirs de l’école, dans la cour et en classe, j’entends parfois : « Je suis dans mon prime. » Cette expression est devenue virale sur les réseaux sociaux (notamment sur TikTok) et est utilisée par les jeunes pour indiquer qu’ils vivent leur meilleur moment.

Si nous vivons ces 40 jours avec générosité, en sortant de nous-mêmes, peut-être pourrons-nous vivre, jour après jour, le plus beau moment de la vie de tout chrétien : nous savoir rachetés, sauvés et aimés par le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour toi et pour moi. Le Carême nous prépare à notre « prime » !

 

Ana Alonso,ra

Communauté de Ponferrada