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Saint Augustin, 28 août: une clé augustinienne pour comprendre le silence de Dieu

S eventvendredi 28 août 2026

«Si nous n'obtenons pas ce que nous demandons, Dieu nous donnera quelque chose de meilleur»

 

Il est une expérience qui nous traverse tous également: celle d'avoir demandé quelque chose avec une véritable nécessité et de n'avoir reçu aucune réponse. La prière non exaucée est, peut-être, l'objection la plus répandue de notre temps. Elle naît du sentiment d'être déçu de ne pas être pris au sérieux.

La fête de saint Augustin, le 28 août, offre une occasion privilégiée de revenir sur cette question à partir d'une tradition séculaire.

Une intuition recueillie par sainte Marie Eugénie

Le 1er août 1875, dans les instructions adressées aux religieuses réunies en Chapitre, sainte Marie Eugénie s'appuyait précisément sur l'évêque d'Hippone pour éclairer cette difficulté:

«À cela, ajoutez ce que dit saint Augustin: que si nous n'obtenons pas ce que nous demandons, Dieu nous donnera quelque chose de meilleur».

Instructions de Chapitre, 1er août 1875

La formulation est brève, mais sa portée est considérable. Elle n'invite pas à la résignation et ne propose pas une explication pieuse de la souffrance. Elle affirme autre chose: que l'apparente absence de réponse peut être, dans le dessein de Dieu, la condition d'un don plus grand que nous ne sommes pas encore en mesure de reconnaître.

L'expérience qui soutient la doctrine

Saint Augustin ne formule pas cette conviction à partir d'une idée abstraite. Il l'avait vérifiée dans sa propre histoire.

Sa mère, sainte Monique, pria pendant des années pour une seule chose: la conversion de son fils. La nuit où il décida de s'embarquer pour Rome, elle supplia qu'il ne partît pas. Augustin appareilla malgré tout. Ce n'est que bien plus tard qu'il comprendrait que cette demande ne fut pas exaucée précisément pour que pût s'accomplir celle que sa mère élevait depuis toute sa vie: c'est en Italie, et non en Afrique, qu'il trouva la foi (cf. Confessions V, 8).

De cette expérience naît son enseignement sur la prière. Dans la lettre qu'il adresse à Proba, Augustin explique que prier n'a pas pour finalité d'informer Dieu de nos besoins, car Il les connaît déjà. Nous prions pour que notre désir grandisse. Les dons de Dieu sont grands et notre capacité de les recevoir est petite; la prière élargit cette capacité jusqu'à nous rendre aptes à les accueillir (cf. Lettre 130).

La prière ne modifie pas Dieu: elle transforme celui qui prie.

L'actualité d'une spiritualité

Cette manière de comprendre la prière fait partie de ce que nous décrivions dans cet article précédent comme la conversion permanente: la vie chrétienne comprise non comme un état acquis, mais comme un chemin qui se refait chaque jour, et particulièrement lorsqu'on ne comprend pas.

Léon XIV, formé à l'école augustinienne, a signalé à plusieurs reprises la force de cet héritage. Devant les reliques du saint, à Pavie, le 20 juin 2026, il soulignait la valeur de l'intériorité et avertissait que la nécessité de revenir sur soi-même et de ne pas se disperser dans l'extériorité réapparaît aujourd'hui avec une intensité particulière, surtout «dans les questions des plus jeunes». Et il rappelait, avec les paroles d'Augustin lui-même, que «la vérité habite dans l'homme intérieur».

Une invitation

En réalité, cela ne résout pas l'énigme du silence de Dieu, et ne prétend pas le faire. Cela propose, plus modestement, un changement de regard: ne pas juger l'ensemble d'une vie par ce que l'on en comprend aujourd'hui, et soutenir la prière même lorsqu'elle semble ne produire aucun effet.

Augustin eut besoin de plus de trente ans pour déchiffrer sa propre histoire. La fête que nous célébrons le 28 août commémore, entre autres choses, cette longue patience.

 

 

 

Cet article fait suite à Clés pour comprendre la spiritualité de saint Augustin.

Sources: sainte Marie Eugénie, Instructions de Chapitre, 1er août 1875 · Saint Augustin, Confessions V, 8, et Lettre 130 à Proba · Léon XIV, homélie en la Basilique San Pietro in Ciel d'Oro, Pavie, 20 juin 2026.

Fotografía: Alfa y omega. Enson Renton