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Ascension 2020 - Torticolis spirituel?

A eventvendredi 5 juin 2020

Regarder vers le haut, pour contempler Jésus élevé dans la gloire ? Regarder en bas, vers la terre, où les anges renvoient les apôtres ?... La fête de l’Ascension, qui nous invite à ce double regard, risque de nous donner un certain torticolis spirituel, à moins que l’Esprit nous aide à unifier notre regard « tout en Jésus Christ et à l’extension de son règne » !

Un regard vers le haut, vers le « ciel ». Le ciel est pour la Bible le symbole de la demeure de Dieu. Mais ce n’est pas une réalité spatiale. C’est une réalité relationnelle : « Je monte vers mon Père » dit Jésus. Jésus part, mais en même temps il reste : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ». Il est Emmanuel, Dieu-avec-nous. Dans la Première Alliance Dieu s’engageait à être « avec » son peuple, « en ce lieu » - le Temple, la Ville Sainte. Cette promesse s’accomplit maintenant au centuple : la Demeure de Dieu, c’est toute la terre, c’est l’univers. En Jésus, Dieu demeure avec nous en tout lieu et en tout temps.

Il y a quand même un départ. Mais cette séparation est en même temps un don. Le départ de Jésus nous laisse entrevoir le but de notre existence. Des buts et des projets, nous en avons beaucoup au cours de la vie, et ils peuvent être très bons. Mais il ne faut pas oublier que nous ne vivons pas en définitive pour eux. Ils sont toujours partiels et temporaires. Notre patrie, notre but final, est dans les cieux, comme dit St Paul. Notre maison, la maison du Père, où Jésus va nous préparer une place.

Jésus n’est pas comme un coureur de stade qui veut parvenir seul à la ligne d’arrivée. Lui, son désir s’exprime ainsi : « Je veux que ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi ». Etre avec Lui, c’est cela le but, le ciel. Les noces éternelles.

Cet horizon que nous rappelle l’Ascension n’est pas un opium pour croyants blasés ou découragés par les complexités terrestres. Le but final n’empêche pas de se donner de plein cœur à tout ce qui se présente à nous pour aimer et servir, souffrir et se réjouir. Au contraire, l’horizon que nous portons dans notre regard donne à toutes ces choses et ces êtres leur dimension plénière et leur valeur.

La terre est lieu de gloire pour Dieu. La terre est lieu pour le Royaume. « Hommes de Galilée… allez ! » Allez en Judée, en Samarie, et jusqu’aux confins de la terre. Il n’y a plus d’étrangers pour vous, rien que des frères qui attendent d’être invités à la Maison, à la Table du Père. Des frères qui, à travers vous, feront l’expérience de Dieu-Emmanuel, car désormais vous êtes le Corps du Christ en ce monde.

La fête de l’Ascension est fête de la mission, fête de la responsabilité… C’est pourquoi elle allume en nos cœurs un immense désir de l’effusion de l’Esprit, elle nous oriente irrésistiblement vers la Pentecôte.