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La Passion, grande source de vie intérieure - Dimanche des Rameaux et de la Passion 2026 –

L eventvendredi 17 avril 2026

Sr Véronique Thiébaut, RA

Pour comprendre l’esprit du Royaume et s’imprégner du style de Jésus, on ne peut pas ignorer la Passion du Seigneur.  Marie Eugénie elle-même méditait chaque jour la Passion. C’était pour elle  une « source de vie intérieure » (cf. ME, Inst. 2 mars 1879). 

Elle conseillait aux sœurs de faire cet exercice très régulièrement, en particulier pendant le Carême. Comme Bossuet, elle pense que « quand une âme en est arrivée à méditer la Passion, elle trouve là tout ce qu’il lui faut, elle n’a plus besoin de rien, elle a dans les souffrances et les humiliations de notre Seigneur les plus grands exemples qui puissent lui être donnés. »  (cf. ME, Inst. 27 janvier 1894).  

« Si vous voulez, dit-elle, que la lumière produise en vous tous ces fruits de bonté, de justice et de vérité, il faut tâcher que cette lumière resplendisse en vous, à travers toute la Passion de Jésus-Christ, et vous mette dans la disposition d’accepter tout ce qui est dans la Passion de Jésus-Christ, et tout y est ! » (ME, Inst. 16 mars 1879)

Considérons l’immense souffrance de Jésus, trahi par Judas, trahi par un de ses proches. Entrons dans son immense solitude.

Reconnaissons sur son visage toutes les souffrances humaines. Quand nous souffrons, considérons qu’il a souffert bien plus que nous (cf. ME, Inst. 16 mars 1879).  

Contemplons la Vierge Marie « durant la passion de son divin Fils. Elle voit les apôtres, qui… devaient former la communauté la plus parfaite … »,  qui se dispersent et abandonnent leur Maître. Elle voit la trahison de Judas, le reniement de saint Pierre. « Est-ce que la Sainte Vierge est désenchantée ? Est-ce que la Sainte Vierge dit : ‘’Que va-t-il arriver ? … Que de défaillances, que d’imperfections …!’’ Non, la Sainte Vierge ne parle pas ainsi. Elle supporte tout en silence, avec foi, avec patience, ne se décourageant pas. » C’est pendant toute sa vie qu’elle a pratiqué cela « allant d’une grâce à une autre grâce, d’une fidélité à une fidélité plus grande. »  (ME, Inst., 15 septembre 1872)  

« C’est dans le chemin de la croix surtout, que notre Seigneur a montré la force de son silence… », qui consent à l’injustice. (ME, Inst. 2 mars 1879) Cette force du silence, Marie Eugénie y revient souvent : le Christ en sa Passion est le modèle du silence de l’humilité (cf. ME, Inst. 30 mars 1879). Il interroge nos réflexes de justifications, de résistances, d’égoïsme. Demandons-lui, avec elle, d’oser le silence des humbles. 

En cette semaine, comme nous y invite Marie Eugénie, contemplons pas à pas la Passion du Christ : « amoureusement »,  en y entrant « par le Cœur sacré de notre Seigneur », en ayant le soin « d’en parcourir et d’en approfondir tous les détails, toutes les circonstances » , en répondant à l’abandon par l’abandon, à la générosité par la générosité.