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Marie Eugénie, la soif et le jardin - Dimanche de Carême III 2026

M eventvendredi 17 avril 2026

Sr Véronique Thiébaut, RA

Bienvenue à tous ! Aujourd’hui, nous allons parler de Marie Eugénie, la soif et les jardins.

En 1874, alors qu’elle participait au deuxième Pèlerinage National à Lourdes, Marie Eugénie a utilisé cette petite timbale pour boire à la source qui coulait du rocher de la grotte. Cette timbale me fait penser à la Samaritaine.  « Donne-moi à boire », lui dit Jésus. Marie Eugénie commente : « Il marche de village en village, de lieu en lieu » (MME, Instr. 2 mars 1883). Il est « comme nous, sujet à nos fatigues de la terre. » (MME, Instr. 24 février 1878)

Que signifie cette soif pour Marie Eugénie ?  On peut dire qu’elle est d’abord une expression de la fragilité humaine. « Quel est le cœur qui n’a pas soif ? dit-elle. Il n’y a pas de tourment plus terrible que la soif. » (MME, Instr. 24 décembre 1886). Et elle contemple souvent la soif du Christ pendant la Passion et par pénitence, elle s’impose parfois de moins boire pour être unie au Christ qui a soif sur la croix. Avec lui, en ce temps de carême, nous pouvons simplement poser nos fragilités, nos verres vides, sur le rebord du puits et y consentir.

Mais, dit Marie Eugénie, le Christ est habité par une autre soif :  « Il était certainement plus fatigué encore par la recherche de ce peuple qu’il attendait, par le désir de donner cette eau…qu’il venait apporter à ce peuple. » (MME, Instr. 24 février 1878) Oui, le Christ a soif de son peuple, de toi, de moi, de chacun de ses enfants. Jésus, en entrant en dialogue avec cette femme samaritaine qui s’approche du puits, espère réveiller sa soif intérieure. 

Lui, qui avait soif, veut devenir source de vie, source d’eau, pour nous tous. Quand nous nous sentons secs, dit Marie Eugénie, nous pouvons « établir un canal entre la source divine et notre pauvre âme sèche, aride. » Quand la prière devient difficile, il faut persévérer et revenir à la source. Il s’agit d’« arroser notre jardin »  (cf. MME, Instr. 19 août 1883). Voilà la question : Comment allons-nous arroser notre jardin ?

Cette persévérance consiste à demeurer, silencieusement, pauvrement, près de la source du Christ : « Quand on veut boire à une source, si on retire le verre, il sera bientôt vide. Mais si on le laisse de manière à ce que la source le remplisse, il sera toujours plein. Si nous laissons nos cœurs dans celui de notre Seigneur Jésus-Christ, ils seront toujours pleins de choses bonnes, jamais ils ne seront vides ni de son amour, ni du véritable amour du prochain. » (MME, Instr.14 décembre 1883)

Dieu qui nous dit : « Je t’éclaire  avec un soin infini, mais ne crois pas que ce soit tant pour toi-méme. c’est pour les autres. Je t’ai fait canal. c’est pour arroser. Je suis source en toi, et  je veux me déverser par toi (…) Tu es comme un jardin où l’on fait croitre des légumes et des fruits pour nourrir tous ceux qui viennent. » Alors, cette semaine, près du puits avec la Samaritaine, laissons Dieu nous transformer, n’oublions pas d’arroser notre jardin intérieur et buvons l'eau des sources véritables.