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Septembre 2026 : Temps de la Création

S eventjeudi 3 septembre 2026

Du 1er septembre au 4 octobre, nous célébrons le Temps de la Création, un temps où, en tant que famille chrétienne, nous nous unissons pour prier, réfléchir et agir afin de restaurer notre Maison commune. Ce temps nous unit comme chrétiens dans le monde entier, car il est né en 1989 à l'initiative du patriarche œcuménique Dimitrios Ier, qui proclama le 1er septembre journée mondiale de prière pour la création chez les orthodoxes. Par la suite, le Conseil œcuménique des Églises a prolongé la célébration jusqu'au 4 octobre, en l'honneur de saint François d'Assise, patron de l'écologie. En 2015, année de la publication de l'encyclique Laudato si', le pape François nous a encouragés, comme Église catholique, à nous joindre à cette initiative.

Chaque année, le Temps de la Création adopte un thème qui oriente la réflexion. Cette année, le thème est « Immersion dans l'eau vive », inspiré de la prophétie d'Ézéchiel 47, 9.12. Ce thème nous invite à contempler l'image de la source qui jaillit du temple, arrose et vivifie toute la région où elle passe. Ce torrent jaillit du lieu de la rencontre avec Dieu, sourd de cet espace sacré pour s'étendre vers la région la plus aride, la fécondant et faisant surgir des fruits, des plantes médicinales, et donnant aux animaux un espace pour vivre. Ézéchiel écrit cette vision dans un contexte d'exil, de désespérance et de crise du peuple face à la perte de tout ce qui représentait pour lui la sécurité. Cette prophétie nous invite à réfléchir à l'expérience de Dieu, à la rencontre intime avec Lui, face à face, comme source d'une transformation profonde qui communique la vie et suscite des actions positives ayant un impact sur la transformation du milieu, même dans les moments et les situations les plus sombres, comme ceux que traverse notre monde aujourd'hui, à cause de la guerre, du changement climatique, de la migration forcée et de la faim engendrée par l'inéquité.

Comme membres de l'Assomption, héritiers de l'expérience spirituelle de sainte Marie-Eugénie, nous cultivons un regard d'espérance en contemplant notre Terre. Dès sa jeunesse, elle est convaincue que la Terre n'est pas un lieu d'exil ni de souffrance : « la Terre est un lieu de gloire pour Dieu », dit-elle au père Lacordaire.[1] Cette conviction nous invite à un double mouvement lorsque nous habitons notre Maison commune : contemplation et action. En contemplant, c'est-à-dire en nous arrêtant pour admirer tout ce qui existe, nous découvrons que cela est création, que son fondement est Dieu. Nous découvrons son empreinte de bonté en chaque chose, en chaque personne, en nous-mêmes. Cette bonté coule, se transmet. La création est comme une source de la bonté de Dieu. En Lui nous vivons, nous nous mouvons et nous existons.[2] Vivre en jouissant de cette bonté fait jaillir la louange et l'adoration. Cela nous conduit à nous unir au « chœur » de la création qui chante et loue sans cesse le Créateur.[3]

Cependant, pour Marie-Eugénie, rendre gloire à Dieu, c'est aussi agir. Suivant le conseil d'un prêtre, Marie-Eugénie nous enseigne : « Quand on cherche la gloire de Dieu, le bien de l'homme s'y trouve toujours inclus… Toute sorte de biens que l'on peut donner à l'homme vient d'elle-même lorsque, avant tout, on cherche la gloire de Dieu ».[4] C'est la dimension active et engagée de notre charisme, qui nous fait participer au courant de vie qui jaillit de la Source d'Eau vive qu'est Dieu lui-même. Parlant du cœur de Jésus, Marie-Eugénie dit : « Tout en son cœur était en harmonie avec la gloire de Dieu, qui était le centre aussi bien de ses pensées que de ses sentiments ».[5] Être en harmonie avec Dieu, en cherchant sa gloire, nous fait nous configurer au Christ, lui ressembler. « La vie intérieure est transformation », nous dit-elle. Rendre gloire à Dieu, c'est donc vivre comme Jésus a vécu. « Pour glorifier Dieu, il suffit que Jésus vive en toi et agisse en toi », écrit Thérèse Emmanuel dans ses Colloques. Dans ces mêmes textes, nous trouvons l'expérience spirituelle qu'elle a vécue : « Je t'ai fait devenir un canal pour arroser. Je suis une source en toi… ». En ce Temps de la Création, nous pouvons nous demander : notre vie est-elle un canal de la bonté infinie de Dieu, qui se répand à travers nos actions et nos gestes ?

Inspirés par sainte Marie-Eugénie, en ce Temps de la Création, réfléchissons :

  1. Cultivons-nous une vie intérieure qui nous transforme progressivement et met peu à peu nos pensées, nos sentiments et nos actions en harmonie avec Jésus, dans notre manière de nous relier aux autres et à toute la création ?
  2. Notre style de vie (nos choix de consommation) est-il cohérent avec cet appel de Marie-Eugénie : « Ne faisons de mal à rien de ce qui a vie » ?
  3. Notre mission, notre travail quotidien, contribue-t-il d'une manière ou d'une autre à transformer les situations d'oppression autour de nous, à écouter les cris de la Terre et les cris des pauvres ?

 

Alicia Privado

 

Notes

  1. Lettre au père Lacordaire, sans date, Textes fondateurs.
  2. Chapitre du 3 novembre 1882.
  3. Chapitre du 22 juin 1884.
  4. Chapitre du 29 décembre 1889.
  5. Chapitre du 22 février 1891.