Sainte Marie-Eugénie de Jésus croyait fermement que chacun de nous a une mission sur la terre, et c'est bien vrai ! Chacun, à partir de son propre contexte, a une mission spécifique. Dieu a voulu partager son Esprit avec chacun de nous et nous a rendus participants de ses dons et de ses qualités ; et il nous revient de les mettre en commun pour rendre possible et visible le Royaume de Dieu.
Saint Paul, dans le Nouveau Testament, dans la lettre aux Romains, dit que le Royaume de Dieu n'est pas affaire de nourriture ou de boisson, mais de justice, de paix et de joie dans l'Esprit Saint (Rm 14, 17). Sainte Marie-Eugénie de Jésus croyait elle aussi en un Royaume social, où le Christ régnerait au cœur de la société. Et que signifie que le Christ règne, sinon une société juste et solidaire ? Mais aujourd'hui, cette justice doit atteindre aussi notre maison commune : la création.
Comme société, nous vivons plongés dans une culture de la consommation et du déchet, comme nous le rappelait le pape François, où l'on ne valorise ni l'être humain ni la création. À partir de cette culture, le marché invente des besoins qui nous conduisent à jeter facilement les ressources que nous possédons et que nous jugeons démodées. Ainsi tombons-nous dans la tentation de changer de téléphone chaque année selon le nouveau modèle ; d'acheter des chaussures selon la couleur que Pantone définit pour la saison ; ces vêtements à usage unique qui finissent oubliés puis jetés ; les gourdes en plastique que les marques de boissons promeuvent au gré des tendances ; et bien d'autres choses qui finissent jetées dans les rues et les rivières, aggravant encore la pollution qui détruit les sols, les rivières et la vie qu'ils abritent.
Notre planète appelle à l'aide et, malheureusement, ceux qui tiennent entre leurs mains le destin des nations et le pouvoir de changer les choses semblent tourner le dos à cette réalité, avec des écouteurs à isolation sonore qui les rendent indifférents à cet appel que la planète lance.
Mais tout ne dépend pas de ceux qui occupent les postes de pouvoir. Nous, les jeunes, ne sommes pas étrangers à ces besoins écologiques. À partir de notre réalité et dans notre rayon d'action — comme le dit sainte Marie-Eugénie —, nous pouvons faire la différence. Comment pouvons-nous rendre visible le Royaume de Dieu, à travers un regard écologique, à partir de notre jeunesse ? Il n'est pas nécessaire de devenir de grands militants — ce qui n'est jamais de trop et s'avère plutôt nécessaire —, mais de prendre conscience de notre responsabilité dans notre empreinte écologique et de décider de poser de petits gestes, comme :
Ce sont de petits gestes à notre portée. Lorsque nous récitons le Notre Père, nous demandons à Dieu que vienne son Règne ; peut-être devons-nous changer un peu la formulation et lui demander qu'il fasse de nous des artisans de son Royaume, qu'il nous aide à vivre de façon cohérente et en harmonie avec la création, afin que nous vivions un Royaume où Dieu soit reconnu non seulement en chaque être humain, mais dans la création elle-même, qui est l'œuvre de ses mains.
Eliette Quintero
Amérique Central et Cuba