Prendre soin de l'orientation humaine et spirituelle est une décision qui jaillit du charisme de l'Assomption ; cela permet à l'élève de forger son caractère et de trouver le chemin de sa liberté intérieure, qui le conduit à vivre la rencontre avec lui-même, avec les autres, avec Dieu notre Créateur et, par conséquent, avec tout ce qui l'entoure. D'où l'importance d'accompagner et de former, à partir de notre spiritualité de l'Assomption, les enseignants et le personnel qui travaillent dans nos institutions, afin qu'ils se sentent invités à vivre la coresponsabilité à partir de l'amour qui pousse à l'engagement pour l'avenir, en orientant les nouvelles générations.
Cependant, le défi des changements rapides est une préoccupation continue ; c'est pourquoi nous devons nous demander : que signifie aujourd'hui éduquer les nouvelles générations à prendre soin de ce que Dieu a créé, à partir des valeurs du charisme de l'Assomption ? Éduquer implique de vivre et de cultiver la pédagogie de la proximité, qui nous conduit à développer le regard contemplatif et nous exhorte à nous déchausser pour écouter la réalité avec espérance et créativité.
De même, les attitudes sont une garantie pour prendre soin des ressources que notre mère la terre nous offre : un chemin de durabilité vers la réconciliation et la paix. Le Pape aborde la crise que traverse l'humanité à cause de l'individualisme. L'être humain a été créé avec une mission sur la terre, et le pape François nous dit :
Le défi urgent de sauvegarder notre maison commune inclut la préoccupation d'unir toute la famille humaine dans la recherche d'un développement durable et intégral, car nous savons que les choses peuvent changer. Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d'amour, il ne se repent pas de nous avoir créés (François, 2015, n° 13).
Mais que faire face au dommage que nous continuons de causer à la planète ? Comment apprendre aux enfants, aux adolescents et aux jeunes à prendre soin de la création par des gestes empreints de compassion, de bonté, d'empathie et de tolérance, afin que ces gestes soient un engrais dans la vie quotidienne et qu'une paix dans la justice fleurisse dans notre milieu, comme un pont de communion pour diminuer la violence qui habite le cœur de l'être humain, tandis que ne cesse d'augmenter la dégradation de notre mère la terre qui nous nourrit ? Rappelons-nous ce que dit saint Paul : « Nous voyons que la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l'enfantement » (Rm 8, 22). Nous oublions souvent que l'humanité tout entière est terre (cf. Gn 2, 7).
Tout cela entraîne un désordre intérieur et extérieur qui ne nous permet pas d'avancer dans l'annonce de l'Évangile, car le péché engendre peu à peu accommodement, interprétations, rejet et jugements qui contribuent aux grandes structures déshumanisantes. Par ailleurs, il nous est demandé de vivre une foi incarnée face à une réalité qui nous déconcerte. Dieu, dans sa bonté, veut que l'être humain vive ; c'est pourquoi, dès le commencement de la création, il a placé l'homme pour qu'il prenne soin de la terre (cf. Psaume 24, 1-2).