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Le sommet sur l'immigration déplore les villes d'Amérique centrale "vides".

L eventmercredi 17 avril 2024

John Lavenburg Correspondant national

5 juin 2021

 

Des évêques des États-Unis, d'Amérique centrale et du Mexique font face à la caméra dans la chapelle du séminaire Mundelein, près de Chicago, le 2 juin 2021, pour bénir une Salvadorienne qui, via Zoom, leur a raconté son histoire d'immigration. Avec des représentants du Vatican et des organisations catholiques, les evêques ont participé à une session d'urgence les 1er et 2 juin pour définir la réponse de l'Église américaine à l'immigration et pour rechercher une plus grande collaboration avec les évêques des pays d'où proviennent certains migrants. (Crédit : Rhina Guidos, via CNS).

 

"Il m'a dit : ‘ C’est triste pour mon diocèse que certaines villes soient vides et qu'il n'y ait plus que les grands-parents, mais que tous les parents et les jeunes soient partis’", a dit à Crux Mgr Dorsonville, évêque auxiliaire de Washington et président du Comité sur la migration de la Conférence épiscopale américaine.

La conversation a eu lieu dans le cadre d'une discussion plus large sur les causes profondes de la migration, que Mgr. Dorsonville a identifiées, ainsi que sur une approche de la défense des droits et sur l'importance de la collaboration et de la coresponsabilité entre l'Église aux États-Unis, en Amérique centrale et au Mexique.

La rencontre a eu lieu les 1er et 2 juin au séminaire Mundelein, près de Chicago. Parmi les prélats américains présents figuraient Mgr Dorsonville, les cardinaux Blase Cupich de Chicago et Joseph Tobin de Newark, l'archevêque José Gomez de Los Angeles, président de l'USCCB, l'évêque Mark Seitz d'El Paso et l'archevêque Gustavo García-Siller de San Antonio.

Des évêques d'Amérique centrale et du Mexique étaient également présents. Parmi les représentants du Vatican et les dirigeants d'organisations catholiques figuraient Dylan Corbett, directeur exécutif de Hope Border Institute ; Sœur Norma Pimentel, directrice exécutive de Catholic Charities of the Rio Grande Valley ; Sean Callahan, président et PDG de Catholic Relief Services ; Anna Gallagher, directrice exécutive de Catholic Legal Immigration Network Inc. et Anthony Granado, vice-président des relations gouvernementales de Catholic Charities USA.

Dans une conversation avec Crux, M. Corbett a qualifié de "remarquable" le fait que ces différentes voix se soient réunies, et a déclaré qu'il était particulièrement important d'avoir la participation des évêques d'Amérique centrale et du Mexique pour renouveler l'engagement à la collaboration transfrontalière.

"On a reconnu que nous vivons un moment unique où la voix catholique peut avoir quelque chose de très important à apporter dans le débat national sur l'immigration", a déclaré M. Corbett. "C'est une occasion pour nous de parler d'une seule voix aux législateurs pour une réforme fondée sur des principes comme la dignité humaine."

S'attaquer aux causes profondes est l'un de ces domaines. La violence, le changement climatique, la corruption, l'instabilité politique, le manque d'éducation et d'opportunités de réussite ont été autant de sujets abordés. M. Corbett a noté un engagement fort, notamment de la part des évêques latino-américains, à s’adresser à l'administration Biden lorsque celle-ci s'engage également à s'attaquer aux causes profondes.

La vice-présidente Kamala Harris prévoit de se rendre en Amérique centrale la semaine prochaine pour discuter des migrations.

"Travailler avec [l'administration Biden] spécifiquement sur le développement de plans crédibles qui reflètent notre compréhension du développement humain intégral [est] un travail à long terme qui produira des bénéfices à long terme ", a déclaré M. Corbett.

Selon Dorsonville, il est également important que les évêques des deux côtés de la frontière comprennent les causes profondes de la situation pour pouvoir s'occuper correctement des migrants dans leurs communautés.

Un processus d’accès à la citoyenneté pour les Dreamers, les bénéficiaires du statut de protection temporaire (TPS) et les agriculteurs est un autre domaine que, selon Mgr Dorsonville les évêques considèrent comme une priorité absolue.

 "Vous les voyez là, faisant ce qu’ils peuvent de mieux pour le pays. Ils ont le sentiment de faire partie du pays, ils aiment le pays", a déclaré Mgr Dorsonville. "Ils n'ont pas seulement donné leur travail mais aussi leurs contributions à l'économie, alors je suppose que ce serait extrêmement important à l’égard de ces familles qui ont connu des moments si difficiles depuis des années."

Il a cependant noté que l'Eglise n'est pas le gouvernement et n'est pas appelée à créer des lois, par conséquent, ce qu'ils doivent faire est de fournir un service constant et direct aux migrants, et de parler au nom des personnes qu'ils servent.

"Lorsque les politiciens, et en particulier le Congrès, voient les témoignages des gens et commencent à connaître leurs visages et leurs histoires, ils sont tellement touchés de compassion", a déclaré Mgr Dorsonville. "Les deux partis doivent se réunir et être enfin unis dans la résolution de faire de ce pays ce qu'il a été reconnu comme étant au fil des ans - un pays d'immigrants, mais aussi un pays de vérité, de justice et de paix."

Un autre aspect de ce plaidoyer sur lequel les évêques se sont mis d'accord, a-t-il ajouté, est de s'assurer que les migrants se sentent toujours les bienvenus dans une communauté catholique, peu importe où ils voyagent.

"Nous sommes une seule Église et nous nous sentons coresponsables de ce que, à mesure qu’une personne continue à migrer, il y aura une paroisse qui l'accueillera parce qu'elle est enfant de notre Seigneur, que nous sommes touchés par le drame humain qu'elle vit et que nous voulons cheminer avec elle, être avec elle et exprimer ce message d'espérance, de foi et d'amour qui est si important", a déclaré Mgr. Dorsonville.  

Suivez John Lavenburg sur Twitter : @johnlavenburg