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Notre regard sur ... la région d’Afrique Centrale

N eventvendredi 5 mars 2021

Pandémie de coronavirus a changé tout dans notre style de vie !

Nous sommes confinés !

Le premier cas de cette pandémie au Cameroun, comme en République Démocratique du Congo a été détecté aux alentours du 15 mars 2020. Cinq jours plus tard, toutes les écoles ont été fermées, les mesures de confinement ont été annoncées et les activités tournent aujourd’hui au ralenti et le mode de vie change remarquablement.

La mesure de confinement est facile à observer pour les nantis de notre société tandis qu’elle s’avère difficile et compliquée pour le reste de la population. Car, la majorité de la population possède des maisons ou des appartements réduits dans lesquels on peut compter un nombre important d’habitants. A cela s’ajoutent les conditions de vie précaires et cette population habite des zones marginalisées disposant ou non de très peu d’infrastructures sanitaires à même d’endiguer cette pandémie. Nous pouvons imaginer des dégâts que causera cette pandémie qui va bientôt déferler sur des populations déjà vulnérables. Nous pouvons aussi imaginer non seulement l’angoisse, mais aussi l’inquiétude au quotidien. Nous pouvons aussi et déjà anticiper le grand questionnement vital de ces pères et mères de familles pour qui le mot d’ordre de « restez chez vous » ne rime pas avec les soucis journaliers de nourrir leurs progénitures ou de vaquer à leurs occupations quotidiennes de survie. D’où cette question qui nous taraude : qu’est-ce qui fera plus mal aux Africains ? Le covid-19 ou la débrouille quotidienne pour la survie ?

Que constatons-nous ?

Pour beaucoup, à côté des moyens que propose la médecine moderne, la prise en charge traditionnelle semble être la voie efficace pour sortir de cette épidémie. Un constat assez clair : l’épidémie fait moins de dégâts dans la population par rapport à la panique qui a gagné cette même population.

Au début de cette pandémie, le constat était évident : stress et peur avaient gagné nos sociétés toutes entières ; toute couche sociale confondue. Avec le temps, la confiance et les mesures de sécurités observées ainsi que l’utilisation de plantes médicinales redonnent l’espoir à tout le monde.

En outre, les populations de nos pays sont majoritairement jeunes. Cela pourra être une possibilité qui va peut-être limiter les conséquences néfastes de cette pandémie dans nos sociétés.

Que dire de nos gouvernants ?

Pour le moment, nos dirigeants (Cameroun/ RDC) semblent avoir du mal à proposer des solutions pour assurer la mesure de confinement, tant la population est nombreuse et difficile à contrôler. Actuellement, ce sont des médias qui s’évertuent à sensibiliser et à alerter les populations, et à proposer des attitudes à adopter face à cette situation qui secoue le monde : distance à maintenir entre les individus, port des masques dans des lieux publics, lavage régulier de mains ou utilisation de gel hydro alcoolique. Quant au port de masque, étant donné les difficultés que les gens éprouvent pour s’en à procurer, les populations les fabriquent eux-mêmes. En outre, l’Etat n’étant pas le seul régulateur du prix sur le marché, nous constatons avec grand regret, une inflation de denrée alimentaire. D’où le risque d’arriver à une crise alimentaire.

Si le chef de l’Etat de la République Démocratique du Congo a interpellé sa population plus d’une fois face à cette pandémie, celui du Cameroun ne se prononce pas encore pendant que le pays enregistre progressivement des victimes de cette pandémie. Et l’opposant au régime, Maurice KAMTO de renchérir, dans un article paru dans OPERA NEWS du 11/04/2020 : « Notre pays est en danger à cause du COVID 19 et le chef de l’Etat a déserté le bateau. » 

Comment vivent nos communautés pendant cette période ? 

Nos communautés ne sont pas en marge des règles à observer : lavage régulier des mains, utilisation du gel hydroalcoolique, port de masques lors des travaux communautaires ou des sorties, respect de la distance d’un mètre à garder…Toutes ces mesures ont modifié notre style de vie : éviter de faire la vaisselle en grand groupe, pas de rencontre communautaire certains jours consacrés à l’adoration nocturne, temps donné aux travaux de jardin ensemble… Nous suivons régulièrement les programmes de célébration eucharistique proposés par KTO. Nous bénéficions également de célébrations eucharistiques par nos amis prêtres qui passent de temps en temps dans nos communautés.

Au niveau des Eglises locales

Les églises locales des pays de notre Région ont adopté et adapté les mesures prises par les gouvernements. Les écoles sont fermées, les célébrations eucharistiques avec les assemblées des fidèles sont suspendues. Seuls les prêtres célèbrent au nom du peuple de Dieu et les fidèles suivent, par média interposés, les célébrations de leur choix. Certains curés ont créé de plateforme par WhatsApp où ils envoient des homélies pour nourrir la vie spirituelle de leurs fidèles en ce temps de confinement. Certains fidèles suivent des célébrations proposées par la chaîne KTO. Ce qui constitue autant de propositions afin d’assurer la communion avec nos pasteurs.

Par contre, les églises restent ouvertes pour permettre aux fidèles de pratiquer les exercices de piété auxquels ils s’adonnent depuis toujours.

Pour le triduum pascal, l’évêque de Yaoundé a permis les célébrations dans la mesure du respect de gestes et attitudes recommandés : prendre place sur un banc sur deux, pas plus de deux personnes par banc en maintenant une distance d’au moins trois mètres.

En somme, cette pandémie nous plonge dans l’angoisse et le stress car elle nous touche de près. Bien que confinées, nous vivons une grande solidarité et communion avec le monde par l’écoute de nouvelle et la prière. Par notre espérance fondée en la résurrection du Christ, nous sommes convaincues que cette pandémie sera éradiquée un jour.

Sœur ADIMAKI NYONDO Clémentine.

Région d’Afrique Centrale.