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L'expérience de l'Assomption de Guayaquil : prendre soin de la « maison commune » selon JPICS

L eventvendredi 18 septembre 2020

Melina Costantino (Original en Espagnol)

À l’Assomption, nous avons toujours eu enraciné dans notre identité même la défense de la vie dans toutes ses manifestations, à tel point que je garde dans mes souvenirs en tant qu'élève, et ce durant toute ma scolarité, le travail des enseignants et des religieuses qui ont été des instruments pour développer en nous quelques critères solides afin d’opter pour la vie, de protéger les plus faibles, d'entrer en relation avec eux, avec les humbles, celui qui a le moins, celui qui est différent. Seulement ainsi, en nous présentant la réalité concrète à laquelle nous étions sensibles, nous devenions convaincus que les valeurs de l’Evangile sont la marque caractéristique de l’Assomption partout sur la planète, nous rendant passionnés et convaincus que la solidarité, la justice, la paix et le souci de la création sont le chemin et les moyens de contribuer à la construction du Royaume.

Et puis, des années plus tard, tout comme les oiseaux dispersent les graines pour reboiser les forêts, je reviens à l'Assomption avec une autre fonction, maintenant en tant qu'enseignante, où j'ai l'opportunité d’orienter ma mission en étant « gardien de la création » à partir du lieu  où je travaille, d’impliquer toute la communauté éducative dans les projets d’environnement que nous avons mis en œuvre dans l'établissement, car l'éducation est le moyen idéal pour éveiller chez les enfants et les jeunes le respect, la sensibilité, l'amour, la responsabilité de prendre soin et de protéger tout ce qui vit, et assumer l'engagement que nous avons en tant qu'humanité d'être des agents de changement pour résoudre les problèmes d’environnement par des actions concrètes.

Que pourrions-nous faire alors, par où commencer ? Il y a des années, nous avions déjà participé avec les élèves des dernières années d'école au nettoyage des mangroves, mais n’étant qu’une activité occasionnelle, c’était peu.  On dit que l’heure de Dieu est parfaite, et c'est très vrai. En septembre 2011, une invitation est arrivée pour participer à un programme de reboisement avec des espèces locales, organisé entre la Fondation du Journal « El Universo » et la société « Sambito », eux donnaient les arbres et l’Assomption s’engageait à attribuer un emplacement pour leur plantation dans l'institution et d’en prendre soin. Nous avons décidé de nous inscrire et c'est à partir du 7 septembre de cette année-là que l'unité éducative ne cesse de promouvoir le soin de la nature, de motiver chaque membre de la communauté Assomption, à travers des projets d’environnement, d’être les gardiens de la création car l'écologie est l'un des piliers hérités de notre mère fondatrice, Sainte Marie Eugénie de Jésus.

La première plantation en 2011 était confiée aux garçons et aux filles de la première année d’éducation générale de base (GS), à l'époque appelée préparatoire, à cinq ans, ils étaient les protagonistes de notre propre histoire : "chez nous" nous prenons soin de notre " maison commune ».

L'année suivante, s’ouvre dans l'institution le niveau prématernelle, où les garçons et filles de trois ans sont chargés de poursuivre le projet de reboisement avec des espèces locales, et ainsi de suite chaque année le groupe des plus jeunes est chargé de semer et d'arroser les plantes tout au long de l'année, une mission partagée avec les niveaux supérieurs selon le planning organisé par leurs professeurs en début d'année scolaire. Mais pourquoi ne plantons-nous que des arbres du pays ? car il était nécessaire de récupérer la couverture végétale dans certains secteurs du centre éducatif, sachant qu'il est situé sur une colline qui faisait partie il y a des décennies de la forêt tropicale sèche de la région, un écosystème avec des espèces végétales et animales très importantes pour la planète et aujourd’hui il en reste moins de 1% dans le monde. Là réside la pertinence du projet, nous aidons à sauver un écosystème de l'extinction et à donner aux oiseaux un refuge et un espace de nourriture. Parmi les espèces semées, nous avons le Guayacán de la Côte, le Guasmo, le Guachapelí, le Pechiche, le Pomarrosa, le Pigio, l’Anona de Monte, le Chirimoya, le Fernán Sánchez, le Colorado, le Cascol et quelques autres. "La Terre est un lieu de Gloire pour Dieu" S.M.M.E.

Nous avons senti que la mission n'était pas terminée, que nous pouvions continuer à contribuer au bien-être de notre maison commune, et par là continuer à renforcer les valeurs de nos étudiants. Je dois insister sur le fait que rien n'est accidentel et pour Dieu tout se passe au bon moment. Au cours de l’année 2012 à Guayaquil, la mode du recyclage s’est répandue, je dis mode, car il y avait des conteneurs de classement des déchets solides dans de nombreux endroits, mais il n'y avait vraiment pas de conscience, ce n'était pas une habitude incorporée au citoyen, le recyclage ne faisait pas partie de leur mode de vie.

Partant de cette réalité locale, nous avons décidé d'intégrer le projet de recyclage dans l'institution pour former des jeunes capables de donner une pause à la planète en minimisant la génération de déchets, en allongeant sa durée de vie utile et en contribuant à son tour à réduire l'extraction des ressources naturelles. Je suis étonnée quand j'écris ces lignes, mais c'est vrai, c'est ce que fait le recyclage et les jeunes de l’Assomption de Guayaquil sont une génération qui ne recycle plus parce que c'était autrefois une mode, mais parce que ce sont des gens convaincus que le recyclage fait partie de la solution aux problèmes d’environnement.

Nous avons commencé par mettre l'accent sur la collecte de papier usagée et d'autres déchets des classes tels que les feuilles de papier, les cartons, les carolines etc.. Les lycéens en début d'année scolaire se chargent de décorer les cartons qui seront utilisés dans toute l'école et au collège pour déposer les papiers, chaque classe dispose d'une boite pour que les élèves puissent jour après jour prendre l'habitude de recycler, et que ceci devienne comme une action naturelle dans leur vie.

Le projet a un logo qui a été créé par un groupe d'étudiants, c'est le symbole qui invite les étudiants et les enseignants, le personnel administratif et de maintenance, à trier et à mettre le papier à sa place.

Plus tard, la collecte des bouteilles en plastique a été incorporée, dans différentes parties des cours, il y a des conteneurs métalliques en forme

de bouteille pour le recyclage des bouteilles en plastique. Les étudiants

sont responsables d'enlever le matériel recyclable et de l'apporter au centre de copie, puis il est vendu à l'entreprise de recyclage. Ces fonds sont utilisés pour le maintien de projets d’environnement.

 

Bien que nous recyclions tous les jours, en août cela se fait plus intensément ,  car parmi les activités du Gymkhana, qui est l'une des façons de célébrer le mois de l'Assomption, chaque classe doit collecter la plus grande quantité de journaux, cartons et bouteilles en plastique, et ainsi nous prenons mieux soin de notre maison commune..

En 2014, nous avons observé que dans la ville, il y avait peu d’endroits où les piles usagées pouvaient être collectées, afin qu'elles soient traitées dans le respecte de l’environnement et qu’elles ne soient plus jetées à la poubelle ou pire jetées au sol ou dans les plans d'eau des bras de l'Estero Salado ou dans la rivière Guayas. En raison de cette préoccupation est né le projet appelé : « Asunción pilas, mejor si no las tiras », dont le nom et le logo ont été créés par des lycéens. Dans chaque salle de classe de l'école il y a une bouteille pour que les garçons et les filles, motivés par leurs professeurs, déposent les piles usagées qu'ils rapportent de chez eux, à la fin de l'année scolaire elles sont pesées et l’on proclame la classe qui en a collecté le plus. La collecte est livrée à une entreprise qui dispose d'un label environnemental pour l'élimination finale.

Les parents se sont également impliqués dans les projets, ils collaborent depuis leur domicile à la collecte des matières recyclables et à ne pas jeter les piles usagées, ces actions renforcent l'habitude du recyclage dans la famille « Assomption », faisant de nous tous des acteurs engagés à prendre soin de la planète. "Je veux apporter ma pierre à l'œuvre de Dieu" S.M.M.E.

Notre rayon d'action ne se limite pas seulement aux installations scolaires. Nous avons également organisé des campagnes de nettoyage faisant partie du programme de l'éducation à l'environnement des étudiants et des activités du programme du « vivre ensemble ». Les étudiants et les enseignants ont visité les écosystèmes proches de l'établissement, comme la forêt tropicale sèche et le marais de mangroves pour ramasser les ordures qui détériorent malheureusement l'environnement. C'est une manière pour les jeunes d'entrer en contact avec la réalité en observant comment la mauvaise habitude de jeter les ordures sur place peut transformer la nature en un lieu sale, laid et désagréable. Nous sommes préparés pour la mission où nous devons faire face à une dure réalité, mais à la fin, cela nous laisse avec un sentiment de joie et de satisfaction d'avoir fait quelque chose de bien pour la planète ce jour-là. "Quand vous vivez prêt à faire la volonté de Dieu, tout devient service et amour" S.M.M.E. 

Une autre composante de JPICS très forte dans la communauté assomption est la solidarité. Je peux citer de nombreuses activités et toutes très importantes. Celle qui me vient en premier à l'esprit est la construction des 60 maisons « Hogar de Cristo » l'année après le tremblement de terre de Manabí. Sr. Gina Landaverea a été l'une des promotrices et qui avec tant d'énergie et de foi a fait de ce projet de solidarité une réalité en 2017, année du 60e anniversaire de la fondation de l'école de L’Assomption de Guayaquil. Le projet qui a reçu le nom de "Bâtisseurs d'une nouvelle humanité" a eu la participation active d’enseignants, du personnel administratif et d'entretien, d’étudiants, d'anciens élèves, de parents et d'amis de l'Assomption, qui ont voyagé à plusieurs reprises pour collaborer à la mission. Ce fut une expérience merveilleuse où de beaux moments ont été partagés, non seulement des maisons en bois ont été construites, mais des liens d'amitié se sont également tissés. 

Des actions de solidarité ont également traversé les frontières de l'Équateur lorsque des catastrophes naturelles ont affecté les communautés de l'Assomption dans d'autres pays, dans des situations comme celles-ci, les religieux, les conseils étudiants et les laïcs organisent des campagnes pour collecter des fonds ou de la nourriture destinés aux lieux les plus nécessiteux. Les étudiants vont à la rencontre des autres dans des projets sociaux-solidaires, où ils connaissent la réalité des secteurs marginaux, dont les conditions de vie sont des plus précaires. En prenant contact avec cette réalité différente de celle qu'ils vivent, ils développent des projets d’entreprenariat pour tenter d'améliorer la qualité de vie de ces familles, en consolidant la sensibilité, l'empathie et la solidarité chez les étudiants. 

La solidarité se vit aussi au sein de la famille assomption lorsque l’un de nous a besoin d'aide, lorsqu’il traverse une situation difficile, soit familiale soit de santé, le désir de nous soutenir se réveille. En bref, la valeur de solidarité est si caractéristique à l'Assomption qu'elle est toujours présente et s'active avec tant de créativité qu'elle facilite l'atteinte des objectifs que nous nous fixons.

Telle est l’Assomption à Guayaquil, une institution éducative pleine d'expériences en contact avec l'autre, avec la réalité, avec la nature, creusant le sillon de la terre avec notre regard fixé sur l'extension du Royaume, nous sommes des instruments de transformation de la société à partir d'actions concrètes car finalement "C'est de la folie de ne pas être ce que l'on est le plus pleinement possible" SMME.

Acciones de solidaridad también han pasado las fronteras del Ecuador cuando los desastres naturales han afectado comunidades de la Asunción en otros países, en situaciones como estas tanto religiosas, consejo estudiantil y laicos organizan campañas de recolección de fondos o víveres que han sido destinados a los lugares más necesitados.

Los estudiantes salen al encuentro del otro en los proyectos social – solidario, donde conocen la realidad de los sectores marginales, cuyas condiciones de vida son de muchas necesidades. Al tomar contacto con esa realidad diferente a la que ellos viven desarrollan proyectos de emprendimiento para intentar mejorar la calidad de vida de esas familias afianzándose en el alumnado la sensibilidad, la empatía y la solidaridad.

La solidaridad también se vive al interior de la familia asuncionista cuando un compañero de trabajo requiere ayuda, se despierta el deseo de apoyarnos cuando alguien esta atravesando una situación difícil sea familiar o de salud. En definitiva, el valor de la solidaridad es tan propio de la Asunción que está presente siempre y se activa con tanta creatividad que facilita cumplir con las metas que nos proponemos.

Así es la Asunción en Guayaquil, una institución educativa llena de experiencias en contacto con el otro, con la realidad, con la naturaleza, labrando el surco de la tierra con la mirada fija en la extensión del Reino, somos instrumentos de transformación de la sociedad desde acciones concretas porque finalmente "Es una locura no ser lo que se es con la mayor plenitud posibleSMME.